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Catégorie 42, l'auteur porte le même prénom qu'un membre de votre famille: "Le soir du chien" de Marie-Hélène Lafon

Le soir du chien

 Laurent, la trentaine, vit avec sa mère dans un village du Cantal. Un été, il rencontre Marlène, la jolie bibliothécaire du bibliobus, de 12 ans sa cadette. Il tombe éperdument amoureux de cette belle Normande qui a fuit sa région natale et une vie qu'on voulait lui imposer. Ils s'installent dans une maison isolée, loin des rumeurs que suscitent leur union. La différence d'âge, la beauté de la jeune femme, l'envie, la jalousie attisent les ragots concernant cette "étrangère" au pays. Un soir, leur chien se fait renverser et Marlène l'emmène chez le vétérinaire. Cet accident va bouleverser la vie de chaque protagoniste.

 C'est une histoire sombre narrée par Laurent. Il revit chaque instant de sa vie avec Marlène sans complaisance où dès les premières lignes s'intalle un climat de rupture. Ces confidences sont régulièrement entrecoupées par les témoignages des différents personnages que connaît le couple.

 Si le style polyphonique original peut désarçonner au début, rapidement, on épouse le rythme de la vie qui s'écoule lentement dans ce petit village, apparemment sans surprise, mais où chacun s'épie, commente et alimente la rumeur. D'autres témoignages viennent ajouter leurs confidences et permettent de donner une lumière différente à ce presque huis-clos d'un amour qui se satisfait à lui-même et vit à coté des autres sans les voir vraiment. 

 C'est une histoire plus que banale d'amour-désamour, conjuguée des milliers de fois dans la Littérature mais qui est traitée par l'auteure avec une douceur lancinante, comparable au cadre dans lequel évolue la bourgeoisie campagnarde de ce petit village perdu aux confins de l'Auvergne.

Mon avis: Ce roman pudique n'est pas un coup de coeur. Il m'a manqué un petit quelque chose d'indéfinissable pour le devenir. Mais quelque soit le ressenti que procure sa lecture: lenteur, secrets évoqués mais non dévoilés, émotion, souffrance, sensibilité......On ne peut rester indifférent à une situation aussi banale que violente. Les personnages ne s'envolent pas dans l'oubli dès la dernière page tournée mais demeurent encore un moment accrochés à l'âme du lecteur.

 

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Catégorie 4, titre en anglais: "The weeding girl" de Tamara Balliana

the weeding girl

 J'ai mis un certain temps à trouver un livre en français avec un titre anglais par manque de motivation sans doute. En furetant sur ma liseuse et dans la liste des livres à emprunter, je me suis arrêtée sur une "série" du même auteur dont les critiques disaient le plus grand bien, alors pourquoi pas bien que le titre me laissait perplexe.

 Pour faire court (autant que cette nouvelle), une organisatrice de mariage de la Côte d'Azur, Alice, si overbookée par son travail qu'elle n'a pas aucune vie privée, doit organiser les noces de son premier amour secret d'adolescente, Paul, le meilleur ami de son frère qu'elle n'a pas revu depuis des années. Rien qu'avec cette phrase vous avez déjà le contenu et la fin de cette histoire!

 La situation est d'une banalité affligeante, les ressorts du récit rouillés jusqu'à la moelle, si bien que je me suis accrochée pour remplir mon contrat: lire jusqu'au bout les 174 pages du bouquin, dégoulinant de guimauve. Heureusement qu'une petite heure a suffit.

 Attention, je ne critique absolument pas les personnes qui aiment ce type de romance, tous les goûts sont dignes d'intérêt et c'est par leur diversité que notre monde est aussi intéressant et nous permet d'explorer ses multiples facettes. Je dis simplement que ce type de littérature ne me correspond pas.

 La seule chose que j'ai apprécié est le style virevoltant et l'humour pétillant de l'auteur. La langue française, bien utilisée, se lit toujours avec plaisir. Je n'hésiterai pas certainement pas à lire une autre de ses nouvelles si elle changeait de registre.