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Catégorie 55, action dans l'Espace ou sur une autre planète: "Interstellar" (2014) de Christopher Nolan 

Interstellar

avec  Matthew McConaughey,Anne Hathaway, Michael Caine, Matt Damon 

 Synopsis :

Sur terre sévit une sécheresse inexorable anéantissant, peu à peu, toutes les espèces végétales et animales. Il devient urgent de trouver un refuge pour l’espèce humaine. Un groupe d’anciens astronautes de la NASA est envoyé dans l’espace dans ce but. Au cours de leur mission, ils sont amenés à exploiter une faille découverte dans l’espace-temps qui va modifier le cours de leur vie et celle de leurs proches.

 Avis :

Il m’est très difficile d’émettre un avis tant le monde de la SF m’est étranger. Malgré tout, je suis capable de suivre une histoire illustrée par des images qui s’enchaînent et exposer mon ressenti. Voulant remplir la catégorie 55, j’avais tout d’abord pensé à revisionner « Gravity » de Santiago Mobarak Arana Cuarón avec Sandra Bullock et George Clooney avec ses images époustouflantes longuement encensées dans la presse. Mais la consultation du programme TV d’un dimanche soir m’a orientée sur « Interstellar » que je n’avais jamais vu.

Après un début pas très original dans le genre, la terre est à bout de ressources avec une croissance démographique qui l’épuise de plus en plus et des scientifiques cherchent une solution pour sauver l’Humanité dans le secret le plus total, le scénario s’emballe avec une force et un lyrisme peu commun me laissant parfois en manque d’oxygène.

Il est difficile de parler de ce film sans rien dévoiler de ce qu’il recèle comme découvertes tellement il est intense. Bien qu’on traite souvent de l’épuisement des ressources terrestres, il semble assez peu fréquent qu’on mette en parallèle ces problèmes et le monde de l’espace.

Évidemment, les diverses théories physiciennes exposées comme la physique quantique chère à Einstein, la théorie des trous de vers de Kip Thorne, l’évocation des trous noirs peuvent dérouter mais participent à la fascination qu’exerce le film.

McConaughey offre un personnage touchant aussi bien dans son costume de cultivateur que d’explorateur de l’espace, tout en nuance avec l’amour pour sa famille bien ancrée dans son cœur. Anne Hathaway est bouleversante et la jeune MacKenzie Foy très émouvante et d’une maturité affirmée malgré ses 14 ans dans les rapports espiègles qu’elle entretient avec son père. Matt Damon arrivant dans la deuxième partie du film, campant un personnage détestable de lâcheté et de folie, est une énorme surprise.

Les deux robots Tars et Case, n’ont pour une fois aucun aspect humanoïde ce qui n’empêche pas de les considérer au même niveau que les explorateurs avec leur personnalité et leur humour.

La fantastique musique d’Hans Zimmer accompagne superbement les images en accentuant le stress de certaines scènes entrecoupées du silence de l’espace et les bruits du vaisseau.

Je garde des images éblouissantes de certaines zones spatiales et des planètes visitées notamment celle recouverte d’eau avec ses falaises de vagues géantes déferlant sur l’équipage créant un univers cohérent. Il est à noter que film a reçu un oscar mérité pour les effets visuels. Le sentiment d’être moins qu’un grain de poussière dans l’immensité est plus que jamais réel.

Ce film n’est pas sans rappeler l’œuvre culte de Stanley Kubrick « 2001 : "L’odysée de l’Espace" mais dans un style novateur, épique, avec des rebondissements insensés et originaux. C’est un film d’amour, au sein d’une famille et envers l’Humanité avec une distorsion du temps omniprésente où l’on retrouve l’idée des enfants qui vieillissent plus vite que leurs parents. Cette notion du temps m’interpelle depuis l’enfance et m’a rendu ce film captivant. C’est aussi une odyssée d’anticipation effrayante car elle pose une question des plus actuelles : A quel avenir incertain est voué notre planète si l’Homme maintient son comportement dans un irrespect total de son environnement ?

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Catégorie 57, personnages principaux non humains: "Robots" (2005) de  Chris Wedge et Carlos Saldanha, film d'animation de A Blue Sky Studios 

Robots

 Synopsis: 

Rodney, un jeune robot des inventions plein le tête, décide de quitter son petit village et ses parents pour tenter sa chance à Robotcity. Il veut  rencontrer son idôle:Bigweld, le plus génial inventeur et bienfaiteur de tous les robots, pour lui proposer ses services. Mais il va découvrir la triste réalité de la capitale et les dessous affairistes de l’odieux Ratchet.

 Avis:

Les scénaristes Chris Wedge et Carlos Saldanha ont déjà fait leurs preuves en cinéma d’animation avec "L'âge de glace 1" pour le premier et "Rio 1 et 2" pour le second.

Ici, il s’agit d’une histoire de robots. Ils ont tous une personnalité différente, très humaine, ce qui les rend drôles et accessibles même aux plus petits. Ces personnages mécaniques par leur design très marqué et par leurs faiblesses sont immanquablement très attachants.

Visuellement, le graphisme est très détaillé, très coloré, agréable à l’œil. Des moments à sensation, comme l’arrivée de Rodney grâce à un circuit de « Luna Park » géant donnent le tournis.

Malgré les rebondissements, le scénario n’est pas d’une grande originalité et reprend les ressorts habituels : les très très méchants contre les très très gentils mais il n’y a aucun temps mort. Les batailles et les courses poursuites sont à couper le souffle. L’humour toujours présent, les références cinématographiques et musicales y sont nombreuses : le magicien d’Oz,  Mickael Jackson, Britney Spears, Gene Kelly, punk et junk….

Comme d’habitude dans ce genre de film, la morale est bien présente mais on peut y lire en filigrane, une illustration de notre société avec le business de l’entreprise, la lutte des classes sociales et les manifestations. C’est aussi un joli plaidoyer contre l’eugénisme.

Très bon divertissement familial où chacun peut s’amuser avec un niveau de compréhension différent, enfants comme adultes.

 

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Catégorie 42, nom d'une ville dans le titre: "Vacances à Venise" (1955) de David Lean

Vacances à Venise

avec Katharine Hepburn, Rossano Brazzi

  Synopsis:

Jane Hudson, américaine, secrétaire célibataire d’âge mûr, passe ses premières vacances européennes seule à Venise dans une pension de famille où elle retrouve deux couples de compatriotes. Accompagné d’un enfant des rues, Mauro, elle découvre le charme de la ville noyée. Embarrassée et troublée, elle fuit un séduisant italien qui l’a remarquée à la terrasse d’un café de la place Saint Marc et le retrouve par hasard dans une boutique d’antiquité. Troublée par le charme de Renato, elle finit par succomber sans savoir qu’il est marié et père de famille. 

  Avis:

C’est avec plaisir que je me suis installée devant ce film de 1955 pour le découvrir. Trois raisons m’y ont poussée : Venise, incroyablement romantique, Catherine Hepburn au talent inoubliable et David Lean réalisateur de monuments du cinéma comme "Le pont de la rivière Kwaï", "Laurence d’Arabie" et "Docteur Jivago".

Bien sûr, la mise en scène est celle de l’époque donc un peu désuète. C’est aussi ce qui fait le charme des "vieux films". Mais l’émotion ? Même avec des techniques différentes, elle doit être ressentie, surtout dans la ville la plus romantique du monde.

J’ai été spectatrice, pendant une heure et demie, d’un mélodrame dans un décor de cartes postales où le seul élément à attirer le regard est la ville de Venise. Cette romance peine vraiment à être émouvante.

Malgré tout, le réalisateur britannique s’attache à montrer la fragilité de Jane, ses rêves de romantisme, sa solitude devant le temps qui passe. Catherine Hepburn illustre ce personnage envahi de peurs , de timidité, un peu ridicule face à un Rossano Brazzi incarnant à merveille le stéréotype du bellâtre italien, séducteur mais fade.

Je n’ai pas trouvé cette histoire d’amour vraiment crédible, pas plus que la fin prévisible mais dénuée de toute émotion. La métaphore du camélia échappant des doigts de Jane pour filer sur les eaux du canal comme le symbole d’un amour sans avenir est sans doute l’image qui a retenu mon attention.

En conclusion, je ne garderai pas un souvenir chaviré de cette séance même si j’éprouve toujours le même plaisir à retrouver Katherine Hepburn sur un écran.

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Catégorie 16, avec personnes agées: "Amour" (2012) de Michael Haneke

Amour

 avec Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant

 Synopsis:

Georges et Anne sont octogénaires. Ils vivent ensemble dans leur appartement. Anciens professeurs de musique, ils sont seuls, loin de leur fille partie vivre à l’étranger. Une attaque cérébrale laisse Anne diminuée. Elle rentre chez elle avec une paralysie partielle qui la prive d’une partie de son autonomie. Comment l’Amour, qu’a toujours partagé le couple, va supporter cette épreuve ?

 Avis:

Haneke s’attaque à un problème délicat qu’est la mort avec la méthode et la méticulosité qu’on lui connaît. Il ne laisse aucune échappatoire au spectateur emporté par l’incroyable impudeur du voyeurisme. Il affiche sur grand écran l’expérience de la souffrance de l’être aimé, dans un silence étouffant en respectant la pudeur de ses personnages. Ici, point de larmes, de dialogues désespérés. La souffrance et la douleur occupent toute la place. Ce n’est pas un mélodrame, c’est la fin d’une vie.

Le film commence d’ailleurs par la fin où l’on découvre le corps d’Anne, allongé sur son lit, magnifique, la tête reposant sur une auréole de pétales dans un silence assourdissant.

Anne et Georges ont tout partagé, leur vie, leur passion pour le piano et la musique, leur bonheur d’être ensemble. Ils ne se sont pas lâchés la main quand la morsure de la vieillesse les a atteints au contraire. Ils se sont adaptés au rétrécissement de leur vie dans leur grand appartement. Lors de ses rares visites, leur fille ne voit pas l’intensité de leur l’amour. Face au handicap de sa mère, son inquiétude la dirige naturellement sur la voie de la médicalisation. Elle ne le comprendra que dans l’immense vide lugubre de l’appartement abandonné.

Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva sont deux comédiens, bouleversants, éblouissants de sensibilité et de naturel qui se livrent sans concession, avec pudeur dans cet adieu consenti à la vie. Isabelle Huppert est émouvante par son impuissance face à la fatalité d’une fin inéluctable.

C’est un film psychologiquement très violent envers lequel on peut réagir de deux façons: soit la mort est l’horrible bout du voyage que l’on met toute son énergie à oublier tout au long de sa vie, soit on accepte sa condition de mortel et on essaye de vivre heureux ensemble. Je penche pour la deuxième solution en pensant que ce film, aussi difficile soit-il est un véritable "chant du cygne" pour la vie et l’Amour.

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Catégorie 144, sur le thème de la famille: "Le premier jour du reste de ta vie" (2008) de Rémi Bezançon 

Le premier jour du reste de ta vie

Avec Jacques Gamblin, Zabou Breitman, Déborah François, Marc-André Grondin, Pio Marmai, Roger Dumas

 Synopsis :

Une famille moyenne composée d’un chauffeur de taxi et une femme au foyer élevant leurs trois enfants, nous invite à vivre 5 jours particuliers de leur vie quotidienne puisés sur une vingtaine d’années.

 Avis :

Ce film consacre 5 jours de la vie de 5 personnes, un jour important pour chaque membre d’une famille qui pourrait être la nôtre. D’emblée, la proximité avec eux est réelle, on s’intéresse vraiment à ce qui leur arrive. On les voit, s’aimer, se disputer, souffrir…. Le temps passe. Les enfants grandissent pendant que les parents vieillissent. Comment ne pas s’identifier à quelques unes des facettes d’un ou plusieurs personnages, aux situations qu’ils traversent ? Remi Bezançon offre une mise en scène subtilement travaillée avec un récit fragmenté se concentrant sur un personnage à la fois tout en évitant la facilité des clichés habituels. La crédibilité du film en est renforcée, si bien qu’on ne peut plus lâcher les tribulations amusantes ou émouvantes d’aucun membre de cette famille, incarnés par des acteurs sincèrement investis dans leur rôle avec le talent qu’on leur connaît.

On s’attend à voir un film léger et amusant, on a la surprise de découvrir, accompagnée d’une excellente musique, une histoire belle et triste à la fois, nostalgique et optimiste, sur la vie tout simplement.

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Catégorie 23, une histoire d'amitié: "Voyage au bout de l'enfer" (1978) de Michael Cimino

Voyage au bout de l'enfer

avec Robert de Niro, Christopher Walken, John Savage, Meryl Streep…

 Synopsis:

1968 en Pennsylvanie. Mike, Steven, Nick, Stan et Axel sont sidérurgistes dans l’aciérie du bourg de Clairton et forment une bande de copains très liée. Ils partagent leur temps entre le travail, la chasse, les bars et leurs histoires de cœur. Steven épouse Angela, enceinte  et Nick flirte avec Linda qui ne laisse pas indifférent Mike. Mais rattrapés par la guerre du Vietnam,  Mike, Steven et Nick doivent partir au combat laissant tout derrière eux.

 Avis :

Bien que la toile de fond soit la guerre du Vietnam, ce film n’est pas un film de guerre mais une histoire d’amitié qui va subir les conséquences des blessures physiques et surtout psychologiques dues aux ravages du conflit. La construction du film en trois volets (avant, pendant, après) narre le naufrage de trois hommes, trois amis aux destins complètement différents.

Après la scène extrêmement forte et broyante de l’horrible jeu de la roulette russe, interprétée avec un talent inouï, où la vie est réduite à un pari, les trois amis vont échapper à leurs geôliers mais pas à leurs cauchemars. Chacun sera obligé d’avancer avec une vie dévastée par un traumatisme différent : le remord, la folie ou le handicap.

Cette fresque épique est à l’opposé de « Apocalypse Now » de FF Coppola. Il met en avant l’amitié et les conséquences dramatiques liées à la guerre sans s’enliser dans le contexte du conflit au Vietnam.

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