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Catégorie 94, un film policier: "Les petits meurtres d'Agatha Christie - Crimes Haute Couture" Saison2 Episode 19 (2017)

LPAG

J'avais suivi la saison 1 avec intérêt. Le commissaire Larosière (Antoine Duléry) et son inspecteur Emile Lampion (Marius Colucci) offrait un duo savoureux de fins limiers non dénués d'humour.
La saison 2 a composé une nouvelle équipe. Samuel Labarthe incarne le commissaire Swan Laurence, intelligent, perspicace, élégant des années 60. Il est entouré de sa secrétaire Marlène Leroy (Elodie French), très altruiste mais assez utopique tapant difficilement à la machine sans fautes d'orthographe, et d'une journaliste, Alice Avril (Blandine Beauvoir), cantonnée au courrier du coeur alors qu'elle rêve de sensations fortes et couvrir des évènements importants se déroulant dans sa région par exemple.
Ce trio ne laisse personne indifférent et crée, par ses personnalités différentes, un climat savoureux entre un misogyne intelligent, une poupée Barbie amoureuse de son patron mais avec une tête bien pleine et une fouineuse culottée et perspicace.
A eux trois, ils résolvent les crimes commis dans la région de Lille avec brio. La qualité des épisodes n'est pas toujours linéaire dans une série, celle du vendredi 15 septembre, était un très bon cru avec une énigme à rebondissement dans le milieu de la Haute-Couture lilloise.

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Catégorie 28, une scène de repas: "Deux jours à tuer" de Jean Becker  

Deux jours à tuer

Difficile de résumer ce film sans déflorer le sujet donc je ne pose que la situation de départ pour ceux et celles qui voudraient le découvrir.

A 40 ans, Antoine Méliot a réussi sa vie. Il a une épouse qui l’aime, deux enfants adorables et un groupe d’amis solides. De plus, une bonne situation lui permet de gagner confortablement sa vie. Il est propriétaire d’une belle demeure dans les Yvelines. Pour son anniversaire, tous ses amis se retrouvent chez lui.

J’ai revu ce film avec toujours autant de « sautes d’humeur » que la première fois bien que je connaisse son secret. Les répliques claquent justes et la bonne conscience de chacun est mise à mal.
Albert Dupontel offre un personnage sombre, exécrable et balance sans ménagement le spectateur sur les montagnes russes des sentiments.
Jean Becker joue avec habileté sur les tensions et les non-dits entre les personnages ce qui ne peut laisser personne insensible. 
Albert Dupontel, Marie-Josée Croze et Pierre Vaneck campent les principaux personnages avec justesse mais les personnages secondaires sont tous extrêmement bien en place. La scène du repas d’anniversaire est, à la fois, dérangeante et savoureuse. Qui n’a pas rêver, un jour, de passer outre les convenances et pourvoir dire ce que l’on pense vraiment ? 
A remarquer, la présence de Daphné Burki qui incarne à merveille une bobo style dinde écervelée !
C’est un pari risqué que de faire envahir l’écran par un personnage odieux avec lequel il est difficile d’éprouver de l’empathie mais pour moi c’est un pari gagné. Ce film est profondément humain, lumineux, émouvant en contant le parcours d’un homme dans l’urgence face à sa conscience.

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Catégorie 72, film de guerre: "Apocalypse Now redux" (1979-2001) de Francis Ford Coppola 

Apocalypse Now Redux

Synopsis :

 La guerre du Vietnam bat son plein avec son cortège de sacrifiés dans les deux camps, américains et vietnamiens. Les services secrets des États-Unis chargent le capitaine Benjamin Willard d’une mission "Top Secret". Il doit retrouver le Colonel Walter Krurtz et l’éliminer. Ce dernier, ayant échappé à tout contrôle, est accusé de dérives sanguinaires. Willard et sa petite équipe composée de quatre jeunes soldats, remonte le fleuve sur un patrouilleur, au travers d’une jungle hostile, jusqu’aux confins du Cambodge, pour approcher l’officier devenu fou. Au cours du voyage, la lecture du dossier concernant Kurtz, change le regard que portait le capitaine sur cet officier désavoué par ses supérieurs.

Avis :

Il faut savoir que ce film est une adaptation libre d’une nouvelle parue en 1899 : Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad. FF Coppola a l’audace de la transposer en pleine guerre du Vietnam qui vient à peine de prendre fin (1975) après 12 ans d’horreur et reste un sujet extrêmement sensible.

Les dessous du tournage : Les substances hallucinogènes ne faisaient pas seulement partie du scénario mais les acteurs ont largement puisé leur « inspiration et interprétation » dans leur utilisation. Le tournage, lui-même fût une véritable épreuve pour toute l’équipe et est devenu une légende du cinéma. Prévu pour 6 semaines aux Philippines, il en dura 16. Les plateaux subirent un ouragan détruisant tout le matériel. Le rôle du capitaine Willard fût appelé le « rôle maudit » pour avoir été refusé successivement par Steve Mac Queen, Al Pacino, Jack Nicholson, Dustin Hoffman et Robert de Niro. Harvey Keitel, renvoyé au bout de 3 semaines, fût remplacé par Martin Sheen qui, rapidement, fût victime d'un infarctus. La mégalomanie de Marlon Brando, après les succès du Parrain I et II du même réalisateur, exigeant un cachet hors normes pour quelques apparitions, a mis à mal la patience de Coppola, forcé de changer certaines séquences de son scénario et sa façon de filmer pour que cet acteur devenu obèse puisse coller à son personnage de reclus de la jungle.

Si les « potins ou ragots » n’ont aucune importance en général, dans ce cas, la face cachée du tournage évoquée ci-dessus a beaucoup influencé l’atmosphère des plateaux de cinéma, créant des situations plus vraies que nature.

La musique est omniprésente et comporte de nombreux morceaux contemporains du film. Outre les compositions originales de Carmine et FF Coppola, « The End » des Doors en début et fin de film, « Satisfaction » des Rollings Stones mais aussi « La chevauchée des Walkyries » de Richard Wagner pendant le vol d’hélicoptères est une excellente illustration de la folie guerrière du lieutenant-colonel Bill Kilgore, brillamment interprété par Robert Duvall.

Ce film a reçu de nombreux prix dont, la Palme d’or 1979 à Cannes ex-æquo avec « Le Tambour » de Volker Schlöndorff, deux Oscars 1980 pour le son et la photographie, trois Golden Globes 1980 pour le second rôle, la musique et le réalisateur et un César 1980 pour le meilleur film étranger.

En 2001, 22 ans plus tard, FF Coppola présente une version augmentée d’une cinquantaine de minutes. Si celle de 1979 était une traduction de l’état mental de l'Amérique des années 70 avec l’effondrement de leurs rêves de liberté. Celle de 2001, élargit le discours à la chute de l’empire colonial avec la rencontre d’un contingent de colons français enracinés dans leur demeure empreinte de souvenirs du temps de l’Indochine française. On pourrait croire à une trêve des combats avec cette ambiance de dîner mondain style vieille France mais les mots fusent telles des balles autour de la table, regrettant la splendeur passée du colonialisme. La scène de la rencontre des patrouilleurs avec des playmates survivantes dans un camp militaire abandonné expose un contraste saisissant avec  celle des colons français,  boue/ luxe, verbiage/calme, sexe/ volupté. Et enfin, alors que Brando n’était qu’un visage dans la semi obscurité de son temple barbare tel un dieu vénéré par les indigènes ne s’exprimant qu’en murmurant en 1979, le « redux » l’expose en plein jour à visage découvert.

Comme beaucoup de cinéphiles, je n’ai pas manqué la sortie d’Apocalypse Now en 1979. Bien que n’étant pas adepte de films de guerre, ce long métrage va bien au-delà des scènes terribles d’explosions, de cadavres et de mutilations. Version courte ou longue, sur fond de guerre désespérée et désespérante, ce film traduit le regard que porte le réalisateur sur une épopée hallucinée entre expérience psychédélique et méditation philosophique. Francis Ford Coppola nous a livré, à mon avis, un chef d’œuvre.

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Catégorie 39, un biopic: "Gandhi" de Richard Attenborough (1983) 

Gandhi

Synopsis :

La vie de Mohandas Karamchand Gandhi est reconstituée à partir de ses débuts comme avocat en Afrique du Sud où s’est établie une importante colonie hindoue dont il défend les droits, souvent bafoués, en prônant la non-violence. Lorsqu’il revient dans son pays, il est accueilli en héros, son action l’ayant précédé. Il emploiera toute sa vie à libérer l’Inde du joug anglo-saxon puis à créer une nation unie où chaque individu a son importance quelque soit sa religion et sa caste. Son combat sera toujours un combat non-violent où son arme sera, essentiellement, la grève de la faim.

Avis :

Gandhi est l’un des personnages politiques et intellectuels incontournable du XX° siècle. Ce fût un formidable guide spirituel pour son peuple et pour toute l’Humanité.

Richard Attenborourgh a fait un travail remarquable avec des acteurs aux rôles secondaires plus vrais que nature. Les prises de vues dans des décors fabuleux, aussi bien dans la foule qu’à la campagne, et la musique de Ravi Shankar et de George Fenton contribuent à susciter une émotion intense à la vue de cette frêle silhouette qui lutte pour l’indépendance de son pays dans un dénuement le plus total, magistralement interprété par l’acteur anglo-indien Ben Kingsley. Avec sa ressemblance physique et la lumière qui émane de lui, il campe un Gandhi exigeant, intransigeant mais toujours dans la non-violence. Ascète, végétarien, tissant lui-même ses vêtements traditionnels sur son rouet, il œuvre pour la libération de son pays et se bat contre les injustices en vivant comme son peuple, chichement, dans son ashram.

La scène où Gandhi prend le thé avec Nehru et Ali Jinnah dans un salon cossu m’a particulièrement interpellée. Nehru et Ali Jinnah arborent des complets très britishs face à Gandhi vêtu de son seul dhoti et de son châle. Evoquant leur lutte pour émanciper l’Inde de la tutelle du Royaume-Uni, Gandhi renvoie le domestique pour servir lui-même le breuvage. Le message est clair. Sans reproche, Gandhi se met au service de ses amis qui traitent leurs serviteurs avec la même indifférence courtoise que leur témoignent les Anglais. L’enseignement du Mahatma se fait toujours par l’action et l’exemple.

Comment ne pas être touché par la volonté, le courage, la compassion et l’oubli de soi dont a fait preuve cet homme charismatique à l’humilité légendaire. C’est un beau plaidoyer sur l’égalité ponctué de citations du Mahatma d’une sagesse infinie qui ont, plus que jamais, leur place dans notre monde actuel, plus d’un demi-siècle plus tard.

« Œil pour œil n’a jamais fait que des aveugles »

«  La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite car elle est momentanée. »

« D’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, ensuite ils vous combattent et enfin, vous gagnez. »

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Catégorie 92, film avec des rois et des reines:  "Deux sœurs pour un roi"  de Justin Chadwick (2008)

Deux soeurs pour un roi

Synopsis :

Une rumeur gagne peu à peu du terrain. Le roi Henry VIII ne partagerait plus la couche de la reine, Catherine d’Aragon, qu’il juge incapable de lui donner un héritier mâle. Sir Thomas Boleyn, simple gentilhomme gravitant dans la cour du roi et connaissant l'attirance royale pour le sexe opposé, rêve d’entrer dans ses faveurs grâce à la beauté de sa fille aînée Mary. Mais le souverain tombe sous le charme de sa sœur Anne. Futée et déterminée, cette jeune femme ne veut pas se satisfaire du rôle subalterne de maîtresse royale comme sa sœur et refuse de céder aux avances du roi hors mariage en jouant avec sa jalousie maladive.

Avis :

Je ne connais pas assez l’histoire d’Angleterre pour savoir si le film a pris des libertés avec la réalité, du moins celle que l’on peut connaître d’après les historiens. Il est certain que Henry VIII était grand amateur de femmes et que Catherine d’Aragon malgré ses nombreuses grossesses n’a pu lui donner de fils vivant avant que la nature ne l’empêche de procréer.

Le film raconte surtout la rivalité cruelle entre deux sœurs, Mary et Anne, basée sur l’enfantement d’un garçon. Mais la situation est d’autant plus difficile que les deux femmes s’aiment d’un amour filial sincère. C’est l’ambition et la soif de pouvoir qui bouleversent leur existence. Transposé dans notre monde contemporain, on pourrait dire que Mary veut fonder une famille entourée d'amour et qu'Anne est une ambitieuse carriériste.

J’ai beaucoup apprécié les costumes fabuleux, la lumière transcendant les décors souvent sobres et surtout l’interprétation magistrale des acteurs : Eric Bana, séduisant, un brin caractériel et fou de jalousie face à tout ce qui lui résiste; Scarlett Johansson, à l’interprétation sobre mais néanmoins déterminée à défendre son bonheur et l’avenir de son éventuel héritier; Nathalie Portman, merveilleuse de machiavélisme dans son rôle de manipulatrice qui, malgré son personnage ambitieux, souvent méprisable, arrive à émouvoir. Suis-je objective? J’ai toujours autant de plaisir à la voir jouer depuis sa première apparition sur grand écran dans « Léon » de Luc Besson aux cotés de Jean Reno.

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Catégorie 84, film avec des effets spéciaux: "Ghost" de Jerry Zucker (1990)

Ghost

Synopsis :

Sam Wheat, cadre dans une banque d'affaires new-yorkaise, et Molly Jensen, sculpteur, sont un couple heureux, partageant un amour infini. Une nuit Sam est agressé dans la rue et abattu. A sa grande surprise, il devient un fantôme. Son obsession est de rentrer en contact avec sa femme pour la protéger du meurtrier. Il y réussit par l’intermédiaire d’une voyante connue pour ses arnaques, Oda Mae Brown.

Avis :

Patrick Swayze et Demi Moore forme un très beau couple à l’écran. Lui, excellent comme d’habitude (mais suis-je objective ?) renouvelle son personnage romantique aperçu dans Darty Dancing en 1987, transformé en passe-muraille malheureux de rester invisible aux yeux de la femme qu’il aime et de ne pouvoir communiquer avec elle, ni de la toucher. Elle, magnifiquement belle et touchante, noyée dans le désespoir de son amour perdu.

Whoopi Goldberg incarne une voyante extravagante et déjantée plus connue pour ses « petites combines » que pour ses dons de médium. Son coté fantasque et burlesque donne un ton de comédie à ce film qui est, à lui seul, un condensé de plusieurs genres : drame, fantastique, comédie, suspense, romance et sensualité. Il est à noter qu’elle a reçu un oscar pour le second rôle féminin grâce à ce film.

Tout le monde se souvient de certaines scènes : la première rencontre entre Sam et Oda May, la visite de la voyante à la banque et la remise du chèque aux petites sœurs pour des bonnes œuvres sont désopilantes. La séance nocturne de poterie est un summum de sensualité sans vulgarité.

Ce film n’a pas trop vieilli même si les effets spéciaux semblent un peu dépassés notamment les ombres emportant les « âmes noires ».

Que dire de l’extraordinaire musique de Maurice Jarre (père de Jean-Michel Jarre), en particulier « Unchained melody » qui a fait chavirer beaucoup de cœurs dans les années 90 et ….