ticket 30

 

Catégorie 111, film avec de beaux paysages: "Deux frères" (2004) de Jean-Jacques Annaud

Deux frères

Avec Guy Pearce, Jean-Claude Dreyfus, Philippine Leroy-Beaulieu ...    

 Synopsis:

Deux bébés-tigres voient le jour dans les ruines d'un temple isolé au coeur de la jungle d'Angkor. Ils grandissent sous la protection de leurs parents qui les surveillent avec tendresse. Dés les premiers jours, ils affichent deux caractères très différents. L'un est aventureux et plein de courage, l'autre beaucoup plus peureux.

Le monde occidental, emporté par sa fièvre des antiquités d'Art Asiatique, donne légitimité à de nombreux "chasseurs" de trésors. Au cours d'un de ces pillages, les deux frères sont capturés et séparés. Le plus craintif subit la maltraitance dans un cirque où il va être dressé alors que le deuxième trouve asile comme animal de compagnie chez un gouverneur français. Mais le fauve, aussi petit soit-il, reste un fauve et grandit. Pour s'en séparer, le militaire choisit de l'offrir à un prince afin d'enrichir sa ménagerie au grand désespoir de son fils Raoul.

Les deux animaux se retrouvent face à face pour un combat à mort.

 Avis:

Jean-Jacques Annaud sait faire ressentir des émotions uniquement par l'image et la mise en scène. Les dialogues, sans être superflus, passent au second plan. Avec ce film, il livre un très joli conte animalier dans lequel deux adorables trigreaux vont connaître deux destins différents par la seule volonté mercantile de l'homme. Le domptage par maltraitance, ou autre méthode, ou domesticité ne sont pas des situations acceptables pour des animaux sauvages quel qu'il soient. Heureusement, les personnages du revendeurs d'animaux (Guy Pearce) et le jeune garçon (Freddie Highmore) sont présents pour faire prendre conscience au spectateur de l'arrogance humaine vis à vis du règne animal, après avoir eux-mêmes évolués au vue de l'avenir réservé à ces majestueux fauves que rien ne prédestinait à rester derrière des barreaux.

L'image est magnifique avec la jungle luxuriante, les temples abandonnés impressionnants de sérénité, les tigres somptueux aux yeux si expressifs. La mise en scène est sublime de maîtrise pour rendre l'émotion et le suspens incroyablement criant de vérité.

 

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Catégorie 13, actrice dont le nom et le prénom commencent par la même lettre: "Le chat" (2003) de Pierre Granier-Deferre

le chat

Avec Jean Gabin et Simone Signoret ...

 Synopsis:

Un vieux couple sans enfant vit dans un pavillon décrépi d'une banlieue en pleine démolition-reconstruction. Julien Bouin, ouvrier à la retraite donne toute son affection au chat qu'il a recueilli. Sa femme Clémence, ancienne trapéziste contrainte d'abandonner sa carrière à cause d'une chute, se laisse peu à peu envahir par la jalousie. 

 Avis:

Pierre Granier-Deferre nous offre un film dur et triste sur le thème de la vieillesse aigrie illustrant à merveille l'adage: "De l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas". Le décor de chantier avec ses désordres, ses bruits et sa poussière, imposant une atmosphère pesante, est à l'image du couple, vieux et détruit, qui survit dans cet environnement. Chacun vit sa vie à coté de l'autre en le regardant rarement. Ils font leurs courses séparément dans les mêmes magasins, cuisinent avec leurs ingrédients, ne s'adressent que rarement la parole. Le couple n'existe plus que sur le papier. Le point de non-retour est atteint avec le chat recueilli par Julien qui va stigmatiser l'indifférence installée entre eux et envenimer la situation.

Il était audacieux de proposer un face à face de deux monstres sacrés du cinéma français. Mais la mise en scène et le talent de chaque comédien ont produit une alchimie bouleversante avec une interprétation magistrale. Jean Gabin, glacial d'indifférence endosse le rôle du parfait goujat, enfermé dans une résignation apparente car il se souvient des jours heureux de l'Amour partagé avec sa femme. Face à lui, Simone Signoret, déchirante, garde un infime espoir sur l'avenir de son couple en cherchant à provoquer une réaction de Julien par des actes aussi désesperés qu'inutiles et violents. 

Les vrais sentiments ne surgiront que lorsqu'il sera trop tard donnant à ce huis-clos une saveur bien amère, à méditer.

 

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Catégorie 89, titre contenant un chiffre: "Quatre mariages et un enterrement" (1994) de Mike Newell

4 mariages

Avec  Hugh Grant, Andie MacDowell, Kristin Scott Thomas ...       

 Synopsis:

Charles fait partie d'un groupe d'amis célibataires: Fiona, Gareth, Matthew, Scarlett. Il entend bien rester seul et continuer à collectionner les conquêtes féminines. Lors d'un mariage où toute la bande est invitée et où il est convié en temps que témoin, il tombe éperdument amoureux d'une américaine Carrie. Il va connaître la passion....contrariée par le mariage de cette dernière.

 Avis:

Cette merveilleuse comédie britannique à l'humour "so british" mêle, avec impertinence et cynisme, romance et tragédie sur l'institution matrimoniale. A la façon d'un film à sketches, le célibataire endurci qu'incarne Hugh Grant est d'un ridicule attachant face au coup de foudre inattendu et perturbé par une succession de rendez-vous manqués par les facéties du destin. Sa dulcinée, l'excellente Andie MacDowell, éprise de liberté est d'une sincérité désarmante. Tous les acteurs, plus ou moins connus, sont grandioses et contribuent à la fraîcheur de l'action en démythifiant l'institution du mariage avec ses révélations et ses déchirements qui vont permettre l'évolution de chaque protagoniste.

La séquence de l'enterrement est traitée avec sobriété et le discours de Matthew (John Hannah) est bouleversant d'amour, révélant à l'assistance et ses amis la véritable nature de ses sentiments.

Avec un point de vue critique et cinglant, Mike Newell offre un bel hommage à l'amitié et à l'amour, pétri d'humour et de tendresse.

 

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Catégorie 8, film de Science-Fiction: "Blade Runner" (1982) de Ridley Scott

blade runner

Avec Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young ...

 Synopsis:

A la fin du 20° siècle, la terre est devenue insalubre et la vie dans les mégalopoles, malsaine. Les hommes sont partis à la conquête de l'espace. Or, une nouvelle race de robots-esclaves a été mise au point: les répliquants androïdes. En 2019, un groupuscule de Nexus 6, les plus évolués des robots créés par l'homme, a pris le contrôle d'un vaisseau spacial après avoir massacré son équipage et tente de s'échapper en se fondant dans la foule de Los Angeles. Etant déclarés hors la loi, un agent spécial, blade runner, est chargé de les éliminer.

 Avis:

La science fiction ne faisant pas partie de ma sphère habituelle, pas plus cinématographique que littéraire, j'ai choisi un film culte pour certains, afin de remplir cette catégorie, avec un réalisateur dont la réputation n'est plus à démontrer dans son domaine: Ridley scott. 

Harrison Ford porte le costume de Blade Runner à merveille, son rôle est très crédible en "traqueur" déterminé d'androïdes dans une ambiance de suspens bien maîtrisé, une atmosphère sombre et anxiogène d'un monde futuriste ultra-réaliste avec la pluie et l'obscurité constantes. D'ailleurs, la photographie et les décors sont extraordinaires.

Au travers de l'histoire qu'il raconte, ce film a plusieurs niveaux de lecture. On y voit une histoire d'amour interdit entre un humain froid et solitaire, qui va peu à peu perdre ses repères, et une "répliquante" au look particulier, belle et mystérieuse, ignorant mais avec des doutes, son état d'androïde. Malgré l'impression première, ce film n'est pas un film d'action, pour preuve le rythme très lent imprimé au scénario. Je l'ai plutôt ressenti comme une réflexion métaphysique sur l'humain et son destin face aux "machines" qu'il crée. Ici les androïdes sont plus humains que leurs créateurs. Ils sont capables de sentiments, évoluant avec des situations qu'ils doivent gérer. Les répliquants sont présentés comme les méchants, il est vrai qu'ils ne s'encombrent pas d'empathie pour les "obstacles" qu'ils rencontrent, mais leur "crimes" sont les conséquences de la connaissance de leur mort prochaine. Ils veulent trouver le moyen de la repousser pour vivre plus longtemps. Finalement est-ce que l'Homme est meilleur que les machines qu'il construit? Un autre sujet déstabilisant abordé est celui des souvenirs. Sont-ils réels ou implantés? Cette pensée peut être vertigineuse quand on sait la fragilité avec laquelle nos souvenirs peuvent être affectés suite à un traumatisme physique ou psychique. La magnifique musique de Vangelis, planante et répétitive, contribue à rendre le monde futuriste dans lequel évoluent les différents personnages encore plus poétique.

En résumé, abordant avec appréhension une autre facette du cinéma qui m'est étrangère, j'ai trouvé une sombre poésie servie par une évolution psychologique des personnages avec une tristesse infinie. Le monologue final de Rutger Hauer justifie, à lui seul, le visionnage de ce long métrage.

 

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Catégorie 71, nom de l'acteur commençant par L: "La loi du marché" (2015) de Stéphane Brizé

La loi du marché

Avec Vincent Lindon ...

 Synopsis:

Thierry, chomeur de 51 ans, marié et père d’un adolescent handicapé, cherche du travail depuis plusieurs mois. Il enchaîne les rendez-vous à Pôle Emploi, les stages de formation et les entretiens d’embauche jusqu’au jour où il décroche un poste de vigile dans un supermarché.

 Avis:

Voila un style de film intimiste, quasi documentaire, comme je les aime avec un acteur dont le talent est souvent sous employé ou méconnu parce qu’il aime à incarner des gens de tous les jours dans des situations presque banales. Ici, le scénario sonne extrêmement juste et relate des situations dramatiques vécues par de nombreuses personnes. Pas d’artifices ni de redondances mais la vie du monde du travail dans ce qu’elle a de plus cruelle et impitoyable où la rentabilité et l’argent des "actionnaires" priment devant la détresse de l’humain.

Entouré d’acteurs non professionnels, impressionnants de justesse, jamais traités par la caméra comme des faire-valoir, Vincent Lindon, habituel taiseux plein d’humilité, s’enfonce dans l’épure absolue de chômeur en souffrance, hirsute, mal rasé, usé, respectueux malgré les situations humiliantes qui s’enchaînent ; les formations inutiles, les rendez-vous à la banque assortis de conseils aussi bornés que déplacés, les entretiens d’embauche surréalistes, les réunions avec ses anciens collègues décidés à en découdre totalement stériles, l’acquéreur du mobil-home pinailleur…etc. L’acteur est colossal et terrassant de vérité. La caméra, intentionnellement souvent dans son dos, nous permet de quitter le rôle de spectateur et de nous identifier à Thierry. Nous sommes cet homme bafoué qui encaisse les coups mais ne lâche rien.

Enfin, il trouve du travail mais si celui-ci lui apporte un salaire, il ne va pas pour autant le libérer. Après avoir été victime, le voila bourreau à épier les faits et gestes des clients et de ses collègues. Accablé, contraint d’assister aux interrogatoires des "voleurs", une personne âgée qui a tenté de chaparder un steack pour manger, une collègue qui retire du circuit quelques bons de réduction à son profit…etc. Outre les malfrats "professionnels" il s'agit surtout de personnes malmenées par la vie et qui tentent de survivre par de petits larcins.

Ce film est dur, âpre, laissant une trace indélébile même s’il n’a rien pour se faire aimer, il frappe juste et fort en disséquant la violence des rapports humains dans le monde du travail.

Le talent de Vincent Lindon, colossal et terrassant de vérité dans ce rôle, a enfin été reconnu en se voyant attribué le prix d’interprétation masculine à Cannes.

 

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Catégorie 33, film attirant par l'affiche ou la BA: "Le sens de la fête" (2017) de Eric Toledano et Olivier Nakache

Le sens de la fête

Avec Jean-Pierre Bacri, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouvre ...

 Synopsis:

Max est traiteur. Depuis trente ans, il organise toutes sortes de réceptions dont beaucoup de mariages avec une équipe qu’il connaît bien mais il en a un peu assez de cette vie agitée d’autant que son couple est en train de sombrer. Sa brigade doit s’occuper du mariage chic de Pierre et Hélèna, dans un château du 17° siècle. Tout est prévu, du repas à l’orchestre en passant par le photographe, les fleurs, les surprises……Mais les imprévus s’enchaînent et risquent de bouleverser le planning en créant des désastres successifs. Heureusement Max est aux aguets, prêt à prendre les bonnes décisions pour que la fête se déroule au mieux.

 Avis:

Ce n’est pas le premier film sur l’histoire d’un mariage mais quelle belle idée de nous le faire vivre du coté des coulisses avec toute l’équipe des organisateurs d’un naturel désarmant. Jean Pierre Bacri campe un chef d’entreprise désabusé. Minute après minute il doit composer avec les imprévus qui ne manquent pas de se succéder et l’exigence d’un marié arrogant.

Les employés non déclarés, le photographe démodé affublé de l'incontournable "stagiaire de 3°" qui n’a pas la langue dans sa poche, son beau-frère en extra gaffeur et amoureux de la mauvaise personne, son bras droit efficace mais constamment grossière, l’orchestre remplacé au dernier moment avec un chanteur prétentieux…. sont caricaturés mais sans tomber dans l’excès, ce qui permet au spectateur d’intégrer rapidement la position de chacun dans un fourmillement plutôt sympathique. Il n’y a aucun mépris de classe, chacun en prend pour son grade mais avec de vrais moments de tendresse.

Ce film est un spectacle qui fait du bien, une excellente comédie dynamique, jamais méprisante, avec un sens du rythme, très jazzy,  incroyable!

 

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Catégorie 19, un des personnages est médecin: "Sept morts sur ordonnance" (1975) de Jacques Rouffio

sept morts

Avec: Gérard Depardieu, Jeanne Birkin, Michel Piccoli, Matina Vlady, Charles Vanel ...

 Synopsis:

Dans une petite ville de province, le docteur Berg, jeune chirurgien en place, avec ses façons peu orthodoxes, dérange sa hiérarchie. Il subit le chantage de son mandarin de patron qui veut maintenir son autorité par tous les moyens. Quinze ans après, il connaît le même sort que le docteur Losseray, sous l'influence du même grand ponte. La calomnie va les conduire tous les deux au suicide.

 Avis: 

Ce film dur et impitoyable, basé sur un fait divers réel, n'a pas connu le succès auquel il aurait pu prétendre. Servi par des acteurs exceptionnels, il a choqué par son sujet, l'arrivisme dans les hautes sphères du milieu médical, et sa violence, le meurtre et le suicide de deux familles.

C'est un drame avec une violence psychologique et physique qui choque autant que les scènes du début et de la fin du film mais le développement de la situation est des plus riches. L'arrivisme dans le milieu médical est dénoncé par Jacques Rouffio sans concession ni faux-semblants. Charles Vanel, dont la longévité lui a permis de traverser plusieurs âges du cinéma, grand acteur un peu oublié de nos jours, incarne brillamment un mandarin cynique et fourbe par qui le malheur va arriver sous l'habit du protecteur paternaliste. Gérard Depardieu peut, enfin, montrer l'étendue de sa qualité d'interprétation en sortant du registre de loubard dans lequel le cinéma français l'avait enfermé et endosse le rôle de père de famille tendre et attentionné tout en se battant contre l'injustice de ses pairs. Michel Piccoli, aux multiples facettes et au fait de sa gloire, joue superbement avec jubilation le chirurgien acculé par sa hiérarchie.

J'ai eu d'autant plus de plaisir à re-visionner ce film puisque j'y ai retrouvé ma ville universitaire et le bouleversement occasionné par le tournage dans ses rues en 1975 ainsi que la possibilité d'approcher des acteurs, plus ou moins sympathiques.

 

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Catégorie 80, film avec un fantôme: "Les Autres" (2001) de Alejandro Amenabar

Les Autres          

Avec Nicole Kidman, Elaine cassidy, Christopher Eccleston ...

 Synopsis:

1945. Dans une immense demeure isolée sur l’île de Jersey, vivent Grâce et ses enfants, Anne et Nicholas atteints d’un mal mystérieux. Seule la faible lueur des bougies peuvent les éclairer car la lumière du jour leur serait fatale. Leur mère veille à ce que les rideaux soient toujours tirés pour les protéger. Elle subvient scrupuleusement à leur éducation tant scolaire que religieuse pendant que leur père, parti pour la guerre, ne revient toujours pas. Mais elle a besoin d’aide pour entretenir le manoir et son parc. Par bonheur, trois personnes se présentent à la recherche de travail. Ils sont aussitôt engagés avec des consignes très strictes. Peu à peu des évènements étranges viennent perturber la quiétude de la famille

Avis:

Certains classent ce film dans la catégorie Horreur/Épouvante. Pour moi c’est plutôt un thriller fantastique avec lequel le réalisateur réussit à nous faire sursauter et devenir paranoïaque au moindre bruit de grincement de porte. La mise en scène est d’une élégance rare avec ses clairs-obscurs pour nous emporter, avec un flottement mélancolique, dans une atmosphère pesante.

Le jeu des acteurs est fabuleux. Nicole Kidman excellente dans une mère protectrice jusqu’à la folie et les enfants provoquent le ressenti de leurs douleurs et leur émotions sans ambiguïté. Les acteurs incarnant les domestiques sont terriblement mystérieux. En l’absence de tous effets spéciaux, ce film est réussi. L’atmosphère angoissante est saisissante et nous cloue sur notre siège en montant en tension ainsi que le suspens.

Il y a aussi un coté métaphysique non négligeable. Quelques soient nos croyances et notre point de vue sur "L’après", Amenabar n’hésite pas à poser la question du "vivre ensemble", du spiritisme sans prendre parti. En fait que faut-il penser de l’inexplicable auquel la science rationnelle ne peut donner aucune explication ? Si chacun est libre de répondre, ou pas, il n’en reste pas moins que ce film est un bijou, parfaitement esthétique avec un final bouleversant.

 

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Catégorie 15, animal sur l'affiche ou dans le titre: "Le Guépard" (1963) de Luchino Visconti

Le guépard

Avec Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale ...

 Synopsis:

1860. La Sicile est bouleversée par Garibaldi et ses Chemises Rouges. L'aristocratie locale voit son mode de vie menacé par le rattachement forcé de l'île à la toute jeune république italienne. Le prince Salina, d'une clairvoyance étonnante, n'ayant plus d'illusion sur l'avenir de sa classe sociale, part avec toute sa famille dans sa propriété de Donnafugata.

 Avis:

J'avoue que je ne connais pas assez l'Histoire de l'Italie au 19° siècle pour comprendre toutes les subtilités que cachent les discours politisants des personnages. Mais j'ai pu admirer les décors, les costumes, la lumière de ce film "monument" au rythme un peu lent. Burt Lancaster est impressionnant, d'une dignité et une lucidité absolue. Le charme de la splendide Claudia Cardinale opère toujours 40 ans après. Alain Delon, en début de carrière, reste effacé par la présence et la prestance de Burt Lancaster contraint d'accepter avec cynisme la mésalliance de son fils.                  

Visconti n'hésite pas à dénoncer la décadence de l'aristocratie dont il est issu, face à la montée en puissance de la bourgeoisie. Il entretient un rapport ambigü avec l'évolution des rapports de classe alliant puritanisme et colère idéaliste. Même si je trouve que le film a un peu vieilli, les images, le jeu des acteurs......l'époustouflante scène du bal restera une scène d'anthologie du cinéma.

 

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Catégorie 17, film se déroulant dans une capitale: "Paddington" (2014) de Paul King

Paddington

avec Hugh Bonneville, Sally Hawkins ... et la voix française de Guillaume Gallienne 

 Synopsis:

Paddington est un petit ours péruvien contraint de quitter sa famille et sa jungle natale. Ayant le souvenir des liens d'amitié créés avec un explorateur britannique lors d'une de ses expéditions scientifiques, il embarque pour Londres, espérant trouver auprès de cet homme un nouveau foyer. Malheureusement, une fois sur place, il réalise que la réalité est bien loin de ses rêves.

 Avis:   

J'ai découvert cet ourson maladroit, accro à la marmelate, sans aucun à priori, étant spectatrice occasionnelle de film d'animation. La bouille de Paddington est craquante et les personnages de la famille Brown croqués avec justesse chacun dans leur registre, la mère artiste babacool, le père cadre, la fille aînée rebelle et son frère doué pour les sciences. Le méchant, car il en faut bien un, est une taxidermiste du Muséum d'Histoire Naturelle cherchant à tous prix à accroître sa collection quelques soient les moyens employés pour se procurer des animaux. Si l'incrustation de la peluche au milieu de véritables acteurs et décors fonctionne bien, je n'ai pas trouvé Nicole Kidman très crédible dans son rôle de "dépeceuse".

Ce film est un bon divertissement pour les plus jeunes qui s'amuseront des facéties de ce petit ours. Mais, je ne pense pas que le spectacle amuse beaucoup de plus âgés, enfants comme adultes. Les effets spéciaux sont très réussis mais l'histoire en elle-même est traitée de façon assez pauvre et simpliste. Les gags ne provoquent pas vraiment le rire, à peine le sourire. J'ai peine à déterminer si on se trouve dans le trop ou le trop peu mais ce qui est certain c'est que le niveau n'est pas celui qu'il devrait être dans un univers beaucoup trop classique. En clair, je n'ai pas vraiment apprécié par le manque d'originalité, sans doute, sauf l'idée de la maison de poupée du grenier qui, en s'ouvrant, offre une vision globale de la famille Brown. Dommage qu'il n'y ait pas eu plus de trouvailles de ce style, le film m'aurait vraiment paru moins "commun".

 

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30 films vus sur les 150 du défi, niveau Basic Instinct atteint