Kinderzimmer 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Livre enregistré sur liseuse

 

 

 

 

 

 

 

 L'auteur: 

Valentine-Goby

 Valentine Goby a vécu 3 ans en Asie pour travailler auprès des enfants des rues dans des associations humanitaires après en avoir fini avec ses études à Sciences Po. Puis elle a commencé sa carrière en Ressources Humaines de 1999 à 2001.

Son premier roman, "La note sensible" est publié chez Gallimard en 2002 et obtient le prix René Fallet en 2003, le prix Méditerranée des Jeunes, le prix du Premier Roman de l'université d'Artois, le prix Palissy.

Elle devient enseignante en lettres et en théâtre au collège avant de se consacrer entièrement à l'écriture et à divers projets autour du livre.

Maître de conférence, conseillère littéraire, chroniqueuse, elle écrit aussi, une importante oeuvre pour la jeunesse.

Elle a reçu de nombreux prix (prix des libraires, prix Gabrielle d'Estrées ...) pour son roman "Kinderzimmer", édité aux Actes Sud, écrit en 2013 et traduit en plusieurs langues....

 


 4° de couverture:

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille détenues. Dans les baraquements, chaque femme doit trouver l'énergie de survivre au plus profond d'elle-même, puiser quotidiennement la force d'imaginer demain.

Quand elle arrive là, Mila a vingt ans. Elle est enceinte mais ne sait pas si ça compte, si elle porte une vie ou sa propre condamnation à mort.

Sur ce lieu de destruction, comme une anomalie, une impossibilité: la kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres.

Ce nouveau roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l'Histoire n'a pas encore eu lieu, rend compte du poids de l'ignorance de nos trajectoires individuelles.

 

 Mon avis:

Quand j'ai découvert la plume de cet auteur grâce au magnifique "Un paquebot dans les arbres", je savais que j'y reviendrai mais je n'avais pas envie de m'immerger dans l'univers macabre des camps de concentration. Quand je me suis sentie prête et que j'ai tourné la première page de Kinderzimmer, j'ai été happé par la valse des mots crus et durs dans un style dépouillé et glacial, au milieu de la saleté, la puanteur, les maladies et la mort, à l'image des camps!

Au fur et à mesure que l'histoire s'écoule, on suffoque, on tremble. Beaucoup de scènes m'ont donné la nausée par l'atroce souffrance du manque de tout. Ce texte est d'une force éprouvante en montrant ces femmes d'une humanité déchirante et d'une solidarité indéflectible au milieu de l'insoutenable cruauté de la tristesse et de la désolation.

Que dire de cette nurserie improbable où la durée de vie des nourrissons excède rarement trois mois par manque de lait, d'hygiène et de soins. Ces bébés vieillissent prématurément. D'après les statistiques, seuls 40 nourrissons auraient survécu sur les 500 venus au monde à Ravensbrück. C'est une véritable ode à la mort.

Si j'ai beaucoup lu sur l'horreur des camps, je n'avais encore jamais rencontré un récit aussi violent allant au-delà de l'intimité de ces femmes donnant la vie dans l'horreur et la déchéance des camps de la mort. Ce roman laisse des traces indélébiles dont on ne peut sortir indemne. Il est difficile de dire: "J'ai adoré lire ce livre!" même si c'est le cas, le sujet est tellement grave et bouleversant. La locution du philosophe anglais du 17° siècle, Thomas Hobbes :" L'homme est un loup pour l'Homme" prend toute sa dimension trois siècles plus tard!

Le hasard a voulu que je termine ce roman à l'heure où une ancienne déportée devenue une grande Dame de notre société, Madame Simone Veil, a rejoint le Panthéon. Mais est-ce vraiment le hasard?