La Malle aux bouquins - Littérature française - 1 roman d'amour, 1 polar et 3 romans noirs.
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Éditions JC Lattès - 2017 - 364 pages
Grégoire Delacourt est un publicitaire né à Valenciennes en 1960. Il publie son premier livre en 2011, "L'écrivain de la famille" qui sera couronné de succès. Son deuxième "La liste de mes envies" (2012) sera porté à l'écran en 2013 par Didier Le Pêcheur avec Mathilde Seigner, Marc Lavoine et Patrick Chesnay.
Résumé
"Danser au bord de l'abîme" est son sixième roman. Une presque quadragénaire à la vie bien remplie avec un boulot qu'elle apprécie, trois beaux enfants sans problème particulier et un mari qu'elle aime abandonne tout, presque contre sa volonté, pour un amour insensé qui lui couple le souffle.
Mon avis
Cette histoire du Désir Absolu aurait pu être sublime et je m'attendais à ce qu'elle le soit. Sans doute, suis-je passée à côté. J'aurais tant voulu rencontrer Emma mais c'était un rendez-vous loupé. Quel dommage !
Première partie, la Rencontre de tous les émois qui fait basculer une vie pourtant heureuse m'a profondément ennuyée. Est-ce les métaphores répétées de La chèvre de Monsieur Seguin d'Alphonse Daudet ? Est-ce l'attitude désinvolte d'Emma, suivant ses rêves d'adolescente au mépris de tout ce qu'elle a construit, ses enfants, son mari, sa famille ? Preuve d'amour ou d'égoïsme ? Le seul personnage qui sonne vrai est son "amie absolue", Sophie, toujours à ses côtés même si elle n'est pas d'accord avec ses décisions.
Puis, enfin, il se passe quelque chose. Tel un chien de garde somnolent j'ai levé une oreille.... puis, à nouveau, les sentiments se sont emberlificotés dans une mélasse poisseuse dont je n'arrivais pas à me dépêtrer. Pourtant, il y avait de la matière et de si beaux personnages.
Même la troisième partie, un nouveau pan de vie et pas le plus facile, n'est pas arrivée à améliorer ma "relation" avec l'héroïne. Un guide touristique d'œnologie d'un chemin tragi-comique. Les références incessantes à des pièces d'opéra se révèlent un peu lourdes, même si on en connaît quelques-unes. Bref, je ne suis pas arrivée à m'attacher pourtant l'envie ne me manquait pas.
J'ai retenu quelques belles pensées qui m'incitent à croire que je devrais lire un autre roman de cet auteur avant de le classer dans les... Pas pour moi!
"Le deuil est un amour qui n'a plus d'endroit pour se loger."
"La peine est une langue inconnue, il faut tout apprendre."
"Ceux qui nous aiment nous quittent, mais d'autres arrivent."
Peut-être me faudrait-il un peu de temps pour que ce bouquin fasse son chemin dans mon esprit? Mais je crois vraiment que si l'idée était belle, je n'ai pas accroché au style. De plus, quelques fautes ont dû me bloquer. Que penser quand on lit: "Après qu'elle est partie, son joli paquet-cadeau dans les mains..."
Je sais, comme le disait le comédien et auteur dramatique Destouches (1680-1754), contemporain de Marivaux, "la critique est aisée mais, l'art difficile".
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Éditions Le Livre de Poche - 2019 - 539 pages
Guillaume Musso, né à Antibes en 1974, a commencé à écrire pendant ses études et n'a jamais cessé depuis. Sa rencontre avec le public date de 2001 avec son premier roman édité "Skidamarink". Ses romans connaissent un vif succès et sont traduits dans de nombreux pays. Certains ont été adaptés pour le cinéma.
Résumé
Thomas, écrivain, quitte Manhattan, où il réside depuis vingt-cinq ans, pour se rendre à la fête des Anciens du Collège St Exupéry à Sophia Antipolis. Il va retrouver ses copains d'autrefois avec lesquels il n'a gardé aucun contact mais les vilains petits secrets vont refaire surface avec les anciennes amitiés.
Mon avis
Guillaume Musso ne faisant pas partie de mes auteurs préférés, il m'a fallu à peine une grosse journée pour lire ce bouquin prêté par une amie. Je pense qu'il va passer à la trappe de ma mémoire comme le premier livre du même auteur lu il y a longtemps et dont je ne me souviens même pas le titre. En résumé, c'est un roman policier qui se lit (presque) tout seul sans grande prise de tête.
Points négatifs: Le sujet a été maintes fois traité, des amis (ou pas) de promo qui se retrouvent lors d'une rencontre d'anciens élèves, un couple d'amants professeur/élève disparu il y a longtemps, des amours inassouvis....etc. Je n'ai pas vraiment été surprise mais je ne me suis pas ennuyée pour autant malgré l'histoire un peu trop irréaliste.
Points positifs: J'ai aimé le carambolage des deux époques 1992 et 2017 et je reconnais avoir ressenti (enfin) de l'intérêt pendant les 3-4 derniers chapitres. Dommage d'avoir attendu la fin du livre pour que la curiosité s'éveille ... un peu.
Donc, je n'irai pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'un polar "plan plan", malgré un démarrage un peu poussif et cliché mais, il est certain que Musso ne fait pas partie de mon univers.
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Éditions de Noyelles - 2020 - 297 pages
Max Monnehay de son vrai prénom Amélie est née à Beauvais en 1981. Après des études de lettres modernes, elle écrit son premier roman "Corpus Christine" en 2006. Somb est son quatrième.
Résumé
Victor Caranne, psychologue en milieu carcéral, se retrouve au centre d'une tragédie, le meurtre de la femme de son meilleur ami qui est aussi sa maîtresse.
Mon avis
J'ai choisi ce livre pour une seule raison, le lieu où se situe l'intrigue. La Charente-Maritime entre La Rochelle et l'Île de Ré est une région que j'aime particulièrement depuis de nombreuses années y séjournant régulièrement.
Je ne connaissais pas Max Monnehay. C'est une petite futée qui brouille les cartes puisqu'il s'agit d'une jeune écrivaine, Amélie Monnehay. Aucun rapport avec le livre me direz-vous, bien sûr mais déjà ce nom de plume traduit une tendance à réserver des surprises alors, pour un polar c'est plutôt engageant non?
Vous aimez la plage? Vous aimer les polars? Vous pouvez amener ce polar à la plage ... ou ailleurs!
L'intrigue est bien ficelée avec des personnages fouillés. On entre doucement dans leur intimité et, par ce fait, on voit le mécanisme de leurs relations amicales, amoureuses, filiales, professionnelles se dessiner de plus en plus précisément. Ils sont complexes, habités voire hantés. Plaisants ou déplaisants, ils ont tous quelque chose à offrir à la curiosité du lecteur, car chacun détient un morceau du puzzle habilement construit. On pressent des blessures anciennes toujours à vif. Devient-on psy par hasard? J'en doute.
J'ai aimé les contrastes mis en avant dans ce livre. L'amour et la haine, la loyauté et la trahison, les certitudes et les doutes mais aussi les lieux de villégiatures d'estivants insouciants et la citadelle de St Martin abritant un établissement pénitentiaire concentrant près de 500 condamnés à de lourdes peines.
Jalousie, influence, relations toxiques sont au centre de cette intrigue qui débute de façon très classique puis évolue en empruntant des fausses pistes et pétille de rebondissements inattendus pour la plupart, et ce jusqu'à la fin.
Le bémol, car il y en a un, ce qui m'a un peu entravée dans ma lecture, ce sont les quelques clichés dont l'autrice n'a pu se débarrasser et que l'on voit d'aussi loin que la flèche noire et blanche de l'église d'Ars ou que la lumière du phare de Baleines. Mais, malgré cela, j'ai dégusté ce polar comme une glace de la célèbre Martinière sur le port de St Martin, avec le plaisir des paysages maritimes retrouvés.
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Auto-Édition (Amazon) - 2020 - 529 pages
Florian Jakubczak est né à Maubeuge. Ses deux passions sont le sport et l'écriture qu'il pratique tout en travaillant comme éducateur spécialisé dans l'accompagnement psycho-éducatif. Sa bouille d'ange est trompeuse car, tel Dr Jekyll et Mr Hyde, Florian se transforme en JackZak, sombre et fébrile, dès qu'il pend la plume en laissant libre cours à son imagination fertile et tortueuse. Les Morsures du passé est son deuxième roman.
Résumé
Anaël Lacroix serait un jeune étudiant comme les autres s'il n'était pas atteint d'amnésie post-traumatique provoquée par un accident dont il n'a qu'une blessure au crâne comme souvenir. Il veut retrouver son passé. Des images incongrues refont surface le laissant perplexe. Sa mère lui apporte tout son soutien mais peut-il lui faire totalement confiance? Quels secrets lui cache-t-elle? Sa quête de vérité le libérera-t-il de ses cauchemars pour enfin lui apporter la paix?
Mon avis
Bien que ce soit un deuxième roman, donc une plume à tailler encore un peu, JackZak a le sens du rythme! Ce fût ma première impression quand j'ai été emportée dans le tourbillon de l'histoire. À l'instar de "La valse à mille temps" du Grand Jacques, aucun répit n'est accordé dans la tourmente des évènements qui s'enchaînent de façon effrénée, apportant son lot d'énigmes. Le cerveau du lecteur ne cesse de "bourlinguer" à la même allure que celui d'Anaël, pour trouver des explications claires et rationnelles à une situation de plus en plus glauque.
Il y a les méchants, les très méchants et les .... gentils (?), pas si gentils! Peu à peu, les relations des protagonistes, aux profils psychologiques bien campés, se dévoilent. Mais, quand on croit détenir un bout de "vérité", elle se dérobe pour ressurgir plus tard avant de disparaître à nouveau, en s'éloignant toujours plus loin de ce que l'on croyait, telle une anguille. À la façon des matriochkas, un mystère se lève pour laisser la place à de nouveaux secrets toujours plus opaques et plus abjects.
JackZak est un sacré farceur avec une imagination débordante. Impossible de lâcher ce satané bouquin avant la fin si l'on veut percer le mystère d'Anaël et de sa famille. Et quelle fin! Malgré tous les efforts fournis pour ne pas se laisser éjecter par les soubresauts de l'intrigue menée tambour battant, impossible de deviner la chute qui ne conclut pas tout à fait l'histoire.
Les points qui m'ont fait boitiller pendant ma lecture sont les quelques longueurs et précisions apportées régulièrement sur des personnages secondaires ayant pour conséquence d'alourdir le texte et de ralentir le rythme soutenu du déroulé des évènements. La retenue visible dans les scènes de violence empêche le frisson attendu par les amateurs du genre. JackZak doit apprendre à passer outre sa gentillesse naturelle pour "lâcher les chevaux" et devenir un psychopathe en puissance ... sur le papier! Eh ... pas de blague!
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Éditions de Noyelles - 2020 - 347 pages
Sophie Loubière est une nancéienne. Journaliste, elle a animé de nombreuses émissions radiophoniques toujours tournées vers la fiction et a prêté sa voix à plusieurs émissions. Passionnée d'écriture, elle élabore des feuilletons, des fictions, des portraits et autres chroniques.
En 2010, elle se consacre uniquement à sa passion. Son premier roman "L'enfant aux cailloux" paru en 2011 est couronné de succès en remportant cinq prix littéraires.
Résumé
Laurence Graissac grandit dans un pavillon sinistre de Saint-Flour, au cœur du Cantal. Harcelée et sans cesse humiliée par son frère Thierry, elle décide de devenir la femme qu'elle a toujours rêvé d'être. En se coulant dans la tenue de croupière au casino de Chaudes-Aigues, sa vie va définitivement basculer.
Mon avis
Tiré d'un fait divers arrivé en Lorraine, cette histoire m'a attirée avant tout pour sa localisation géographique. Chaudes-Aigues, cette bourgade thermale est celle de mon enfance/adolescence, celle où se sont ancrées mes racines, celle qui a été le berceau de ma famille sur plusieurs générations, bien avant que le Casino n'existe. Aujourd'hui, je n'y connais plus grand monde mais, à chacune de mes visites, les lieux me parlent comme aucuns autres. Ils font rejaillir des souvenirs solidement ancrés dans mon cœur et dans ma tête avec une multitude de personnes, enfants comme adultes dont beaucoup ont disparues, qui ont été très importantes pour moi. Laissons de côté la nostalgie et revenons-en au livre!
Pour ceux qui comme moi ne connaissent rien aux jeux d'argent, il est utile de préciser l'origine du titre du livre. Au Blackjack, le croupier retire les cinq premières cartes du paquet avant la distribution aux joueurs et les laisse faces cachées. Elles sont appelées "brûlées" car elles n'entreront pas dans le jeu. Une façon d'éviter la tricherie et brouiller le comptage éventuel des cartes.
La vie de Laurence Graissac se déroule comme un jeu de hasard. Le hasard de sa naissance dans un cadre peu sympathique et dans une famille peu aimante qui la conduit sur le chemin de la boulimie mortifère avec, immanquablement, une tyrannie et une maltraitance par les autres. Tout est morne, sale, douloureux jusqu'à ce qu'elle décide de changer la donne et de prendre sa vie en main. Mais, jusqu'à quel point peut-on échapper à sa destinée, surtout quand la personnalité s'est construite sur des bases malsaines? Pourtant, la petite Laurence obèse, mal aimée, a une volonté de fer et le prouve vaillamment en s'investissant dans le sport de haut niveau, en modifiant son apparence, en apprenant un nouveau métier. S'est-elle débarrassée de ses démons pour autant? Ce discret docteur Bashert, addict au jeu, coincé dans un mariage malheureux, va-t-il lui offrir une planche de salut ou cristaliser sa descente aux enfers en déchaînant sa psychose?
Sophie Loubière décortique avec soin tous les rouages d'une mécanique implacable déterminée par une accumulation de failles susceptibles de révéler le schéma de construction d'un psychopathe. C'est audacieux et bien cerné. Cette histoire n'est pas aussi simple qu'il paraît car elle aborde plusieurs sujets de société: la maltraitance, le harcèlement, les relations toxiques, les suspicions d'inceste, la passivité des "témoins" ...; ainsi que leurs conséquences: la mésestime de soi, la boulimie, la névrose, la prostitution ...
Le suspens est habilement entretenu et le lecteur se laisse facilement surprendre par la parfaite maîtrise de l'auteur en souffrant en silence aux côtés de Laurence puis se réjouissant de sa victoire sur son destin jusqu'à rester sans voix à la dernière page. Un bon moment de lecture, pas aussi innocent qu'il semble l'être.










