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Avec Plume, les mailles s’amusent……et d’autres fils s’en mêlent.
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3 septembre 2021

"L'ivresse des libellules", "La meilleure d'entre nous" et "La drôle de vie de Zelda Zonk"

La Malle aux Bouquins

Malle aux Bouquins 2

 

Trois romans légers, sans prise de tête pour un moment de détente sans lendemain ... quoique ....

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L'ivresse des libellules

 

 

 

 Éditions Le Livre de Poche - 2020 - 378 pages

 Édition originale: Michel Lafon - 2019

 

  L'auteur :

 Laure Manel

 Née en 1978, cette ancienne enseignante diplômée de Lettres a pris la plume depuis 2015 sous le pseudo de Laure Manel. Après l'énorme succès de "La délicatesse du homard" paru en 2018, suivi de "La mélancolie du kangourou", elle décide de se consacrer totalement à l'écriture en observant la vie de couples avec ses surprises et ses travers.

 Résumé :

Quatre couples d'amis, habitués à passer leur vacances d'été ensemble, décident de partir entre adultes, sans les enfants confiés aux grands parents ou ex-conjoints. L'ambiance insouciante lors de la découverte du site idyllique de villégiature ne tarde pas à s'alourdir en fonction de quelques caractères plus affirmés. 

 

 Mon avis :

J'ai lu tellement de commentaires enthousiastes sur ce bouquin que j'ai voulu goûter à la volupté de passer quelques jours de vacances avec cette bande d'amis au bord de leur piscine. Je sais que ce n'est pas mon style de littérature préféré, mais après tout, pourquoi pas ? La couverture elle-même pousse à la détente ... 

Dès les premières pages, le style fluide et spontané de l'autrice m'a plu. J'ai eu l'impression de rencontrer une amie de retour de vacances, racontant avec force de détails, son expérience en s'attachant aux épisodes les plus drôles. Les premières impressions ne sont pas toujours les meilleures, car cette lecture ne m'a pas vraiment délassée tant les personnages m'ont rapidement tapé sur les nerfs. Entre LES "Je-sais-tout", "Je-décide-de-tout", "Je-suis-au-régime" et bien d'autres, les caractères sont tellement caricaturaux que je n'ai pas adhéré plus de quelques passages qui auraient pu être amusants si la crispante Emilie n'était pas venue y fourrer son nez. Les filles traînent leurs complexes et leurs névroses alors que les garçons ne pensent qu'au farniente arrosé de bières fraîches. Quand une jolie célibataire débarque, c'est le pompon, le tableau est complet ! Je pense qu'elle est repartie, vaccinée contre les vacances à plusieurs, ou au moins avec ceux-là !

Bien sûr, en communauté, les travers de chacun deviennent vite insupportables quand personne n'accorde d'attention à personne. Dans cette lecture, il m'a manqué de la matière, de la psychologie délicate, des thèmes de réflexion tant les situations et les caractères sont grossiers, dessinés à l'emporte-pièce. En fait, j'ai trouvé le récit assez inégal comme des montagnes russes ... euh, des collinettes plutôt, par manque de relief. Parfois un micro évènement a attiré mon attention et je pensais "Enfin !" et puis patatras, pas de surprise ni de prise de conscience par aucun des protagonistes tous plus égocentrés les uns que les autres. Si encore ils étaient drôles ... même pas !

J'ai bien conscience d'être sévère avec ce petit livre qui n'a certainement comme but que le divertissement, mais la détente peut être synonyme de légèreté, mais pas de décérébration. Sortir de sa zone de confort est toujours un risque, un pari. Le plus souvent, mes tentatives se sont soldées par de belles découvertes sans être à l'abri de sérieuses déconvenues comme ici. J'ai cru me retrouver dans un panier de crabes, mal à l'aise et honteuse sur le sort que toute la troupe réserve à la belle Valentine sans qu'aucun des vacanciers, pourtant adultes, ne réagisse. La preuve, s'il en était besoin, que chacun vit pour sa "pomme", son bien-être et sa tranquillité. Quelle tristesse ! Heureusement pour moi, mes amis sont d'une autre trempe, sinon ce ne serait pas des amis.

Plusieurs fois, j'ai pensé faire mes valises pour m'enfuir et laisser tout ce joli petit monde se dépêtrer avec leur crise de la quarantaine, leurs kilos superflus, leur culpabilité, leur jalousie. Malheureusement, mon insatisfaction à laisser une lecture inachevée a été la plus forte. Je me suis donc traînée péniblement jusqu'à la dernière page de ce séjour en Ardèche, région si magnifique à peine évoquée, en espérant ne pas être tentée de me jeter dans le vide d'un éperon rocheux, avec de sérieux doutes sur l'intérêt de lire une autre fiction de la même signature.

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La meilleure d'entre nous

 

 Édition Le livre de Poche - 2019 - 538 pages

 Édition originale française: Librairie Générale Française (2015)

 Titre original: The art ok baking blind (2014)

 Traduction de l'anglais: Alice Delarbre

 

 L'auteur :

 Sarah Vaughan

 Après des études d’anglais à Oxford, Sarah Vaughan s’est consacrée au journalisme. Elle a travaillé pendant onze ans au Guardian avant de publier La Meilleure d’entre nous, son premier roman. Elle vit près de Cambridge.

 

 Résumé :

Cinq candidats à une compétition de pâtisserie, aux vies et aux aspirations totalement différentes, vont se côtoyer pendant plusieurs semaines. Petit à petit ils vont s'apprivoiser, s'apprécier ou se méfier tout en essayant de continuer à gérer leur vie de famille. "Tous apprendront que l'art de la vie est au moins aussi difficile que celui de la pâtisserie."

 Mon avis :

Après la multiplication des émissions télévisuelles sur la cuisine, voici un roman sur un concours de pâtisserie ! Cette présentation est nettement réductrice bien qu'exacte. Ce qui importe ici est beaucoup moins l'art et la manière de manier tamis et rouleau, farine, œufs et sucre que les relations humaines qui vont s'établir, ou pas, entre les cinq candidats, dont un homme, au titre de Nouvelle Kathleen Eaden.

Ce petit roman ne paraît pas avoir beaucoup d'envergure, pourtant il réserve bien des surprises basées sur une étude de caractères solide et les relations que peuvent entretenir des personnalités très différentes, réunies par le hasard d'une sélection, pour s'affronter par l'intermédiaire de leur talent culinaire. Certains vont tisser des liens plus intimes avec l'un ou l'autre des concurrents, mais faut-il se fier aux apparences ?

Nous suivons le parcours des candidats au sein du concours, mais aussi nous pénétrons dans leur milieu familial et professionnel. Leur intimité dévoilée permet de cerner au mieux chacun d'entre eux et de comprendre leur force ou leur faiblesse.

Personnellement, j'ai beaucoup aimé l'ambiance très anglaise de l'atmosphère et les passages du "journal" de Kathleen Eaden, personne phare et inspirante des amateurs de pâtisseries. Je ne suis pas très amatrice de tout ce qui est sucré, mais je n'ai pu réprimer, de temps en temps, la sensation "d'eau à la bouche" si caractéristique des gourmands ! 

Toutefois, je regrette que l'autrice n'ait pas insufflé un peu plus d'humour dans la bonne humeur ambiante de son récit. Il aurait rendu l'histoire encore plus agréable. Malgré tout, la lecture reste plaisante même son souvenir s'effacera aussi vite que peut retomber un nuage de farine.

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La Drôle de vie de Zelda Zonk

 

 

 Éditions Pocket - 2016 - 447 pages

 Édition originale : Kero/Éditions de l'épée - 2015

 

 L'auteur :

Laurence Peyrin

 Journaliste pendant vingt ans, Laurence Peyrin a choisi de tout quitter pour écrire. Depuis, elle construit une œuvre romanesque unique, qui allie des histoires passionnantes, des personnages forts, une intensité d’émotion et une belle écriture. De La drôle de vie de Zelda Zonk, prix Maison de la presse 2015, à Ma Chérie en passant par L’Aile des vierges ou Les Jours brûlants, ses romans ne cessent de conquérir les lecteurs.

 

 Résumé :

Hanna Reagan à la vie tranquille et au mariage heureux mais routinier voit sa vie bouleversée lors d'un grave accident de voiture. Sa voisine de lit à l'hôpital, une vieille dame malicieuse, lui paraît bien mystérieuse. Intriguée, elle cherche à découvrir les secrets de Zelda Zonk.

 Mon avis :

Un livre sympathique à lire mais au fil conducteur très inégal en s'embourbant dans un romantisme un peu ridicule. À la décharge de l'autrice, je ne suis pas cliente de romance ni de guimauve. 

L'histoire commence plutôt bien, enfin pour le lecteur parce que l'héroïne elle, se trouve bloquée sur un lit d'hôpital après un terrible accident de voiture où elle aurait pu y laisser la vie. Sa vie heureuse avec un mari aimant se déroule sans grande surprise, aussi sa rencontre fortuite avec sa voisine de chambre va éveiller en elle une soif de découvertes. Avec cette sympathique et mystérieuse vieille dame, s'établit rapidement un agréable climat de confiance. Les deux femmes vont entretenir une relation amicale qui perdurera bien après leur séparation au sortir de leur séjour hospitalier. Hanna n'hésitera pas à se confier à une Zelda laissant volontairement planer le mystère sur le début de sa vie passée aux États-Unis.

Sur ce point, le livre relate une tranche de vie comme seules les rencontres fortuites peuvent nous réserver. Mais est-ce vraiment le hasard ou la destinée ? Pendant notre existence, nous croisons une foule de personnes. Il y a ceux qui nous frôlent, ceux que nous ne voyons même pas et puis ceux qui nous accrochent, restent à nos côtés nous accompagnant jusqu'au bout du chemin ou s'éloignent et disparaissent à jamais ne laissant que des souvenirs heureux ou malheureux.

Le point négatif est la romance qui me paraît surannée. Un beau ténébreux, sympathique, fait chavirer le cœur d'une jeune femme mariée à un homme qu'elle aime et qui l'adore. Une vraie midinette en mal de sensations fortes, quitte à mettre son couple en danger ! Le beurre et l'argent du beurre en ayant en plus le sourire du crémier. Est-ce vraiment l'idée que l'autrice a voulu soumettre aux lecteurs ? Faire souffrir les personnes qu'on aime pour une histoire sans lendemain ? Le mensonge est une attitude détestable, même s'il est commis par omission. L'enrobage du roman est bien tourné, mais je n'ai pu adhérer au "pas vu, pas pris" de ce bouquin ni de la fin qui sonne comme un compromis, à l'opposé de l'Amour si souvent clamé et déclamé.

Le point positif est l'imagination débordante d'Hanna, à la hauteur de celle de sa créatrice, afin de percer le secret qui entoure la jeunesse américaine de Zelda. Hallucinant mais piquant de drôlerie. Toutes les élucubrations sont bonnes pour prouver sa thèse complètement farfelue dont je ne révèlerai rien, évidemment. On est peut-être dans le "Trop", pourtant quelle détente de la voir s'évertuer à recouper des informations, persuadée de détenir la vérité ... enfin presque.

En conclusion, ce roman alterne entre la lourdeur de la tromperie et la légèreté d'une hypothèse rocambolesque. Une lecture agréable et rapide qui permet de passer un bon moment de détente sans être fondamental. N'est-ce pas ce qu'on recherche pour se reposer l'esprit quand on aime des histoires noires, difficiles qui laissent souvent des traces ?

 

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