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 Editions Livre de Poche

 379 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'auteur:

Sandrine Collette

Sandrine Collette a une excellente formation littéraire avec un master en pholosophie et un doctorat en science politique. Elle a partagé son temps entre des cours à l'université de Nanterre, un poste de consultante dans un cabinet conseil en ressources humaines. Puis elle décide d'écrire une fiction. "Les noeuds d'acier" sera publié en 2013 et obtiendra le Grand Prix de littérature policière et le Prix Littéraire des lycéens.

Forte de l'accueil chaleureux que lui ont réservé autant public que critique, elle publie son second roman, "Un vent de cendres" en 2014, puis "Six fourmis blanches" suivra en 2015. Elle obtiendra le Prix Landerneau du polar en 2016 avec "Il reste la poussière".

"Les larmes noires sur la terre" est le dernier-né en 2017.

 

 4° de couverture:

Avec pour unique trésor son nourrisson dans les bras, la jeune Mo est amenée de force dans un centre d'accueil pour déshérités, surnommé "la casse".

La Casse, c'est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures posées sur cales. On attribue à Moe une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit.

Au milieu de l'effondrement de sa vie, Moe connaît enfin un coup de chance: dans sa ruelle, cinq femmes s'épaulent pour affronter la noirceur du quartier. Elles vont les adopter, elle et son fils, et chercher ensemble une solution pour s'en sortir. Mais à quel prix?

 

 Mon avis:

J'avais adoré le style de Sandrine Collette dans "Les noeuds d'acier" et "Un vent de cendres". C'est un écrivain qui ne fait pas de cadeau, elle va jusqu'au bout du malaise, sans concession. Il ne s'agit pas de violence gratuite, physique mais bien de violence insidieuse, venimeuse, capable d'abattre un Homme en le rongeant de l'intérieur.

Je ne résume pas l'histoire de Moe car il faut la découvrir par soi-même. La misère, la discrimination, l'amitié dans le malheur, tout est en résonance au schéma de notre société actuelle et c'est bien ce qui rend ce roman terriblement réel tout en étant une dystopie.

La vie des compagnes d'infortune de l'héroïne est dévoilée petit à petit, comme une fleur perd ses pétales les uns après les autres. Comment un destin peut basculer du "mauvais coté" quand les conditions de vie sont précaires.

L'idée de transformer les carcasses de voitures en hébergement pour démunis est simplement géniale! Quoi de plus déprimant que le paysage sordide d'une casse, symbole de la déchéance sociale? S'ajoutent les patrouilles des gardiens armés, le barrage hydraulique en surplomb et des hauts murs infranchissables comme paysage désolé. Sandrine Collette a l'art de planter le décor pour laisser transpirer l'ambiance tragique de son roman. 

Dans ces quelques mètres carrés de désolation, l'auteur peint des portraits de femmes lumineux et saisissants créant ainsi un livre d'une force incroyable, oppressant mais difficile à abandonner tant le lecteur veut en savoir davantage sur le destin de ces femmes magnifiques et bouleversantes.

Une des forces ce roman d'anticipation est qu'il est ancré dans la réalité historique de notre époque: les attentats parisiens du 13 novembre 2015, la guerre en Afghanistan...etc. La principale référence à laquelle aucun lecteur ne peut rester insensible est l'existence des camps de concentration de l'Allemagne nazie. La Casse en est un. Elle a pour mission de garder loin des regards les démunis, les prostituées... toute personne qui dérange l'ordre établi, en bref de "débarrasser" la société de cette déchéance.

Bien que ce roman ne soit pas politiquement engagé, et quelques soient ses opinions politiques ou sociales, le lecteur trouvera dans cette lecture de quoi se remettre en question sur des sujets tristement d'actualité: la drogue, la misère, l'immigration, le racket...etc.

En clair, je ne suis pas prête à laisser de coté Sandrine Collette qui offre la possibilité de se glisser dans un univers différent, d'une rare originalité, dans chacun de ses romans. L'écriture est simple mais la plume acérée comme un poignard, capable de vous égratigner le coeur en laissant des traces longtemps après avoir refermer la dernière page du roman.